Une nouvelle croix pour l'église de Saint-Bomer

A noter dans vos agendas !
Le 3 novembre 2026 à 18h la nouvelle Croix de Saint-Bomer sera inaugurée.
A cette occasion Père Nicolas effectuera une bénédiction de la croix avant de célébrer une messe.
Le 3 novembre prochain, jour de la Saint-Bomer, notre bourg célébrera un passage de relais symbolique au cœur de son patrimoine.
Devenue dangereuse face aux ravages du temps, la stèle historique et son ancienne croix s’apprêtent à céder leur place à un nouvel ensemble en pierre et en fer forgé.
Derrière cette restauration indispensable se dévoile une histoire séculaire, faite de ferveur populaire, de destructions et de renouveau.

L'ancienne stèle et sa croix : les vestiges d'un passé mouvementé

La croix est une silhouette familière qui a longtemps marqué le centre de l’ancien cimetière paroissial qui, comme le voulait la tradition médiévale, entourait l’église.
Si les sépultures ont été déplacées plus loin dans le bourg au XIXe siècle pour des raisons de salubrité publique (à l’image des communes de Souancé-au-Perche ou de La Croix-du-Perche), le monument, lui, est resté fidèlement à sa place.
La croix originelle que nous avons connue portait les stigmates du temps : colonne fortement érodée devenant dangereuse et sa croix consolidé au fil des années par des tiges de fer disgracieuses.

L’âge exact de son pilier en pierre, un socle à degrés surmonté d’un fût cylindrique, n’est pas vraiment connu. Relève-t-il de l’âge d’or du gothique flamboyant (XVᵉ-XVIᵉ siècles), époque des grandes « croix hosannières » rythmant les processions funéraires ? Ou bien du XVIIᵉ siècle, marqué par les reconstructions massives de la Contre-Réforme au sortir des guerres de Religion ?
Ce qui est certain, c’est que cette colonne a été amputée. Destinée à l’origine à porter une croix de pierre, sa tête fut sans doute abattue lors des épisodes iconoclastes de la Révolution française. Dépouillée et mutilée, la colonne a attendu le XIXe siècle pour être ornée d’uns croix en fer, celle que nous avons longtemps connue.

Le passage de relais : une nouvelle stèle et une nouvelle croix du XIXe siècle

Aujourd’hui, l’heure est venue de tourner la page. Patinée par les lichens, fendue et rongée par le gel, l’ancienne stèle n’avait plus la solidité requise pour porter son fardeau en toute sécurité.

Fidèle à l’esprit des restaurations successives qui ont jalonné l’histoire du monument, la commune a fait le choix de préserver la mémoire des lieux tout en renouvelant les éléments fatigués. Un fût neuf, taillé sur mesure dans la pierre, vient remplacer l’ancien socle épuisé.

Mais ce n’est pas le seul changement : l’ancienne croix a, elle aussi, été remplacée. La nouvelle stèle accueille désormais une nouvelle croix, qui est elle-même une authentique pièce en fer forgé datant du XIXe siècle. Ce choix permet de conserver une parfaite harmonie esthétique et historique avec l’ancien monument.
Le fer forgé de cette nouvelle croix fait écho au savoir-faire des artisans d’antan et à l’époque des missions paroissiales, tout en offrant une nouvelle jeunesse au parvis de l’église.

Le 3 novembre, à l’occasion de l’inauguration lors de la Saint-Bomer, les habitants sont invités à venir admirer cet ensemble flambant neuf. Un geste fort de la part de notre génération qui, en unissant une pierre neuve et une croix du XIXe siècle, perpétue avec élégance ce lien immobile entre les siècles passés et les générations futures.

Une œuvre d'art sacré en fonte moulée du XIXᵉ siècle

Surmontant sa stèle en pierre, la croix de Saint-Bomer est un exemple de l’art funéraire de la seconde moitié du XIXᵉ siècle (vers 1850–1890). Elle a été conçue selon la technique de la fonte de fer moulée (ou fonte d’art), procédé industriel consistant à couler le métal en fusion dans des moules en sable. Cette méthode permettait d’obtenir une finesse d’exécution exceptionnelle, créant une véritable « dentelle de fonte » ajourée et des détails sculptés qu’il aurait été impossible d’obtenir au marteau avec du fer forgé traditionnel.
D’un point de vue stylistique, l’ouvrage s’inscrit  dans le mouvement néo-gothique,  en vogue sous le Second Empire et le début de la IIIᵉ République. Très populaire lors du renouveau catholique de cette époque, ce style remettait à l’honneur les formes médiévales (arcs brisés, motifs flamboyants, gâbles). La croix arbore ainsi un décor très riche : des motifs ajourés en quatre-feuilles, trèfles et rinceaux rythment la structure, tandis que les extrémités s’achèvent par des fleurons et des pinacles finement découpés. À la base, des personnages sculptés en relief, représentant la Vierge et les saintes femmes, sont logés dans de petites niches d’inspiration gothique.

À cette époque, de grandes fonderies d’art françaises spécialisées (telles que les fonderies du Val d’Osne, Durenne ou Tusey) éditaient ces pièces en série. Les paroisses et les communes les choisissaient sur catalogue pour remplacer les croix en bois usées par les intempéries ou pour marquer le déplacement du cimetière. À Saint-Bomer, l’association de cette fonte d’art très ornée et de la stèle en pierre assure la pérennité du monument tout en apportant une grande élégance à ce repère mémoriel.

Catalogue des Fonderies du val d'Osne

Page du catalogue des Fonderies Tusey

Une nouvelle colonne réalisée dans les règles de l'art

Nous tenons à adresser nos remerciements à l’entreprise Pelletier Kossi, artisan tailleur de pierres, pour son travail remarquable. Avec un savoir-faire précieux et un profond respect de notre patrimoine, cet artisan a su sculpter la nouvelle colonne en reproduisant fidèlement les lignes et l’esprit du modèle originel. Grâce à cette réalisation, la nouvelle stèle s’inscrit parfaitement dans l’histoire des lieux, offrant un socle pérenne et sécurisé à notre croix tout en honorant la mémoire des bâtisseurs du passé. Voir le site internet : https://www.pelletier-kossi-tailleurdepierre.fr/