C’est avec une grande tristesse que j’ai appris ce jour le décès de Claude Térouinard, conseiller départemental et grand ami de notre territoire.
Pour Saint-Bomer et notre petite communauté, Claude n’était pas simplement une figure politique majeure ou l’ancien président du Conseil départemental : il était un ami sincère. Je revois encore son visage lorsqu’il venait chez nous. Il adorait par-dessus tout « sentir » les territoires, s’imprégner sans filtre de la réalité de notre terroir et partager nos moments de vie. Il se faisait un devoir, et un immense plaisir, de participer très régulièrement à nos traditionnels vœux de nouvelle année, apportant avec lui sa chaleur, sa franchise et sa bonne humeur.
Je garde le souvenir marquant d’un homme de terrain habité par une conscience aiguë des réalités rurales, comme la gestion essentielle de l’eau. Lors des travaux de remplacement de nos canalisations, il a épaulé la municipalité de manière extrêmement concrète. Claude, c’était exactement cela : un élu qui n’hésitait jamais à relever les manches pour mettre les mains dans le quotidien des petites communes.
Derrière son langage truculent, sa gouaille légendaire et cette allure de « péquenaud » qu’il aimait tant cultiver avec malice, se cachait un homme d’une culture immense, diplômé de Sciences Po et de la Sorbonne, mais dont le cœur battait exclusivement pour le Perche, le Dunois et leurs habitants.
Ses combats pour maintenir nos écoles, financer nos projets et préserver nos villages de l’abandon ont marqué un demi-siècle de vie publique en Eure-et-Loir.
Mais sur un plan plus personnel, ce sont nos échanges qui me manqueront le plus. Ses conversations téléphoniques pour évoquer les aléas et les coulisses de la vie politique, agrémentées de son sens aigu de la formule et d’un humour décapant, me laisseront un vide immense.
Il aura été un véritable amoureux de nos paysages et des hommes qui les font vivre.
Je veux lui exprimer aujourd’hui toute ma gratitude pour ce qu’il a apporté à notre commune et à notre département. Ce soir, j’ai aussi une pensée émue pour Marielle, sa fille, et Danielle, sa colistière.
Comme l’écrivait François-René de Chateaubriand : « On s’attache à son sol par des souvenirs, et l’homme a besoin de poser son cœur sur un coin de terre. » Claude avait posé son cœur sur la nôtre, et nous ne l’oublierons pas.
Jean Bassoulet
Maire de Saint-Bomer